Nos écoutants-bénévoles

 

Être un bon écoutant…mythes et réalités

1. Le respect des choix de vie d’une personne est une attitude favorable à l’écoute même si j’ai la certitude qu’elle se trompe.

Vrai. Le défi de l’écoute demeure dans le respect de la personne, peu importe ses choix de vie. L’écoute active consiste à se centrer sur la personne en laissant de côté nos propres préjugés ou valeurs, en faisant page blanche. Lorsque nous sommes confrontés à des idées ou valeurs différentes et qu’il nous est impossible de mettre momentanément les nôtres de côté, référer la personne à quelqu’un qui sera plus en mesure de répondre à ses besoins s’avère une sage initiative.

2. Lorsque j’écoute une personne, il vaut mieux réduire au maximum les périodes de silence.

Faux. Les périodes de silence font partie de la communication et sont des moments privilégiés. Un silence parle beaucoup et n’arrive pas par hasard. La personne est peut-être en train de s’apprêter à dévoiler quelque chose d’important. Nous pouvons laisser sentir notre présence : «je suis là», «est-ce que ça va?», mais sans insister. Les silences sont souvent perçus ou vécus comme embarrassants. Comme aidant, être à l’aise avec les silences peut être un défi à relever.

3. Plus je sympathise avec une personne lorsque je l’écoute plus je suis en mesure de saisir son monde émotif.

Faux. Contrairement à l’empathie, la sympathie est une attitude intérieure par laquelle on ressent les mêmes sentiments qu’une autre personne à propos d’une même situation, et ce, sans détachement. L’empathie consiste à saisir le monde de l’autre et ses sentiments sans en être envahi, à accepter l’intensité de l’émotion vécue et à se mettre momentanément dans la peau de l’autre

4. Mieux je connais une personne plus je suis en mesure de l’écouter véritablement

Faux. Connaître très bien la personne ne s’avère pas être un critère pour bien l’écouter. Il suffit d’être attentif à ce qu’elle nous apporte dans le moment présent. Parfois, il peut être même plus difficile d’écouter véritablement une personne que nous connaissons bien puisqu’il y a des risques de tomber dans la subjectivité et l’émotivité

5. Terminer la phrase d’une personne que j’écoute lui démontre que je suis entièrement à son écoute.

Faux. Cela ne respecte pas son rythme et peut briser la confiance de la personne à se dévoiler. Peut-être est-elle en train de nous révéler quelque chose d’important et en l’interrompant, elle peut se sentir bousculée

6. Plaindre une personne est une bonne façon de lui faire sentir que je la comprends.

Faux. Plaindre une personne renforce son rôle de victime et peut nuire à sa situation. Nous pouvons la supporter et l’encourager sans la plaindre. La pitié démontre à la personne que nous ne croyons pas en ses capacités, que nous voyons sa situation sans espoir

7. Les femmes ont naturellement une meilleure capacité d’écoute que les hommes

Faux. La tendance à croire cela est fausse, car l’écoute active n’a pas de sexe et n’est certes pas innée! Même si on possède des aptitudes de base, écouter une personne qui a besoin d’aide est un art qui s’apprend

8. Lorsque j’écoute une personne, je dois tenir compte de mes limites.

Vrai. Il est important d’écouter et d’établir ses limites, car sinon l’épuisement nous guette et nous ne sommes pas en total respect avec soi et avec l’autre. Le respect des autres commence par le respect de soi. Par exemple, si un ami vous téléphone parce qu’il a besoin d’être écouté et que vous avez un rendez-vous dans une demi-heure, vous devriez lui expliquer que vous disposez d’au plus 15 minutes pour l’écouter, au-delà de ce temps, vous ne l’écouterez pas véritablement puisque vous serez préoccupé par vos engagements.

9. Lorsque j’écoute une personne, il est éclairant, si elle me le demande, de lui dire comment j’ai résolu une difficulté semblable.

Faux. Naturellement et de bonne foi nous sommes souvent portés à donner des conseils en pensant aider, mais, ce qui est bon pour nous n’est pas nécessairement bon pour l’autre. Chaque personne a son propre potentiel et bien l’écouter peut l’aider à prendre conscience de ses capacités et à puiser dans son bagage d’expériences personnelles pour résoudre ses difficultés à sa manière.

10. Certaines personnes sont incapables de faire des choix dans leur vie; il est préférable de les conseiller avec discernement pour éviter qu’il ne s’enfonce davantage dans leurs problèmes.

Faux. Chaque individu possède son propre potentiel de développement. En respectant son rythme, en étant à l’écoute de ce qu’il vit, on peut l’encourager à développer son estime de soi et à explorer des moyens qui l’amèneront à faire de meilleurs choix