En totale confiance…

« Il y a quelques années, je rédigeais des chroniques pour un cybermagazine. Celle que je veux partager avec vous aujourd’hui relatait une expérience bien particulière, dans le cadre de la Grande bibliothèque de Montréal. Il s’agissait de se laisser guider par une personne non voyante, en ayant les yeux bandés. Je ne voyais pas mon guide, qui devait me faire déambuler, durant une demi-heure environ, à travers cet espace immense, où escaliers, couloirs et portes tournantes représentaient autant d’obstacles à franchir, à travers une foule en mouvement et dans l’obscurité.

C’était désarçonnant, il va sans dire, et j’ai dû rapidement accorder une totale confiance à cette personne très attentionnée, qui me tenait fermement le bras et m’indiquait, pas à pas, le chemin à suivre. J’ai ressenti un abandon de mon contrôle habituel.

Maintenant, je suis bénévole dans un Centre d’écoute et prévention du suicide et j’entends les confidences de gens qui cherchent à se sortir de situations ténébreuses. Bien que mon rôle se limite à prêter une oreille attentive et non à guider les appelants, il n’en reste pas moins que plus souvent qu’autrement, nous cheminons ensemble, sans nous voir, un pas après l’autre, vers une solution aidante dont eux seuls détiennent la clé.

On se sent parfois démuni dans notre rôle d’écoutant, devant la détresse qui déferle dans notre oreille pour se frayer un chemin vers notre cœur. Ce qui relie mon bénévolat à l’expérience de ma malvoyance temporaire, c’est la confiance manifestée par ceux et celles qui décrochent leur téléphone pour trouver une présence à l’autre bout de la ligne, quelqu’un qui leur prend le bras d’une certaine façon, pour les soutenir le mieux possible.

Maude, bénévole au Ceps de Drummondville ».

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