Ne rien faire qu’écouter

« Toute l’année, été comme hiver, une fois par semaine, durant quatre heures, je ne fais rien. Je me contente d’écouter l’autre, cet appelant qui est au bout du fil. Il a rejoint le Centre Tel-Écoute/Tel-Aînés, à Montréal.

Pendant quelques minutes, je me rends disponible à la souffrance de chaque appelant, à sa colère, à sa tristesse, à sa détresse, à sa joie parfois et à tout sujet dont il souhaite m’entretenir. Moi, j’accepte d’être là, tout simplement, sans juger et sans conseiller. Je n’ai pas à prendre en charge ce qu’il vit, cela lui appartient. Je n’ai qu’à tendre l’oreille, « l’oreille du cœur » pourrait-on dire. Tout au plus, si cela peut l’aider, puis-je refléter ses sentiments et tenter une reformulation de ce qu’il me livre. Je demeure présent et je l’accompagne dans l’exploration de son vécu.

Cette approche est celle de l’écoute active. Elle n’est pas tellement naturelle en soi. Elle s’apprend. Elle se développe. Elle n’est jamais parfaite, mais elle libère l’appelant et l’écoutant.

Cette écoute active est absente de notre société moderne, trop occupés que nous sommes à produire, à remplir les minutes, les heures et les journées, trop préoccupés à vouloir nous faire entendre, avoir raison et toujours avoir le dernier mot. Surtout, hélas, il n’est pas question que nous perdions notre temps à ne rien faire d’autre qu’écouter ».

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