Au fil des ans, les organismes communautaires membres de l’ACETDQ ont instauré une structure novatrice et souple. Implantées par et pour la communauté, nos ressources offrent un service de qualité basé sur le bénévolat.
L’action bénévole est au cœur de nos services. La personne désireuse de s’engager bénévolement au sein de nos centres est informée des objectifs et des exigences liées à ce type de bénévolat. Elle est sérieusement sélectionnée, formée et encadrée.Tout est mis en œuvre dans chacun de nos centres pour que les bénévoles écoutants vivent une expérience humaine gratifiante et enrichissante. Ils sont assurés de recevoir tout le soutien nécessaire pour bien accomplir leur rôle auprès des personnes vivant une détresse psychologique.
:: LA FORMATION ::
Les écoutants sont sélectionnés selon leurs habiletés d’écoute, leur motivation et leur disponibilité. Nous leur offrons une formation théorique et pratique sur l’écoute active dispensée par des animateurs qualifiés et expérimentés.
Cette formation comporte un volet théorique et des exercices pratiques. Les principaux thèmes abordés sont les attitudes de base telles le respect, l’authenticité et l’empathie et les techniques de l’écoute active. Cette écoute permet d’établir une relation avec l’appelant centrée sur son vécu dans le moment présent.
Les centres spécialisés dans l’écoute et la prévention du suicide offrent aux futurs écoutants des volets de formation plus spécifiques centrés sur la problématique du suicide, les étapes et les stratégies d’intervention dans la crise suicidaire.
Au cours de la formation, la théorie jumelée à la pratique favorise l’intégration des nouvelles notions chez les participants. Les mises en situation permettent de rendre les exemples plus concrets et de faire vivre ainsi la réalité des écoutants. C’est un moment pour expérimenter l’écoute active, découvrir ses aptitudes réelles, développer des habiletés d’écoutant et se situer par rapport à la philosophie du service.
Quand la formation est complétée avec succès, les bénévoles reçoivent une attestation officielle émise par le centre d’écoute. Des mécanismes de supervision et de jumelage sont mis en place pour assurer son intégration et le supporter dans son rôle d’écoutant. Des activités de ressourcement et de formation continue contribuent par la suite au développement de ses compétences et au maintien de sa motivation.
:: POSSÉDEZ-VOUS LA FIBRE D’UN ÉCOUTANT-E? ::
1. Le respect des choix de vie d’une personne est une attitude favorable à l’écoute même si j’ai la certitude qu’elle se trompe.
Vrai. Le défi de l’écoute demeure dans le respect de la personne peu importe ses choix de vie. L’écoute active consiste à se centrer sur la personne en laissant de côté nos propres préjugés ou valeurs, en faisant page blanche. Lorsque nous sommes confrontés à des idées ou valeurs différentes et qu’il nous est impossible de mettre momentanément les nôtres de côté, référer la personne à quelqu’un qui sera plus en mesure de répondre à ses besoins s’avère une sage initiative.
2. Lorsque j’écoute une personne, il vaut mieux réduire au maximum les périodes de silence.
Faux. Les périodes de silence font partie de la communication et sont des moments privilégiés. Un silence parle beaucoup et n’arrive pas par hasard. La personne est peut-être en train de s’apprêter à dévoiler quelque chose d’important. Nous pouvons laisser sentir notre présence : «je suis là», «est-ce que ça va?», mais sans insister. Les silences sont souvent perçus ou vécus comme embarrassants. Comme aidant, être à l’aise avec les silences peut être un défi à relever.
3. Plus je sympathise avec une personne lorsque je l’écoute plus je suis en mesure de saisir son monde émotif.
Faux. Contrairement à l’empathie, la sympathie est une attitude intérieure par laquelle on ressent les mêmes sentiments qu’une autre personne à propos d’une même situation et ce, sans détachement. L’empathie consiste à saisir le monde de l’autre et ses sentiments sans en être envahi, à accepter l’intensité de l’émotion vécue et à se mettre momentanément dans la peau de l’autre.
4. Mieux je connais une personne plus je suis en mesure de l’écouter véritablement.
Faux. Connaître très bien la personne ne s’avère pas être un critère pour bien l’écouter. Il suffit d’être attentif à ce qu’elle nous apporte dans le moment présent. Parfois, il peut être même plus difficile d’écouter véritablement une personne que nous connaissons bien puisqu’il y a des risques de tomber dans la subjectivité et l’émotivité.
5. Terminer la phrase d’une personne que j’écoute lui démontre que je suis entièrement à son écoute.
Faux. Cela ne respecte pas son rythme et peut briser la confiance de la personne à se dévoiler. Peut-être est-elle en train de nous révéler quelque chose d’important et en l’interrompant, elle peut se sentir bousculée.
6. Plaindre une personne est une bonne façon de lui faire sentir que je la comprends.
Faux. Plaindre une personne renforce son rôle de victime et peut nuire à sa situation. Nous pouvons la supporter et l’encourager sans la plaindre. La pitié démontre à la personne que nous ne croyons pas en ses capacités, que nous voyons sa situation sans espoir.
7. Les femmes ont naturellement une meilleure capacité d’écoute que les hommes
Faux. La tendance à croire cela est fausse car l’écoute active n’a pas de sexe et n’est certes pas innée! Même si on possède des aptitudes de base, écouter une personne qui a besoin d’aide est un art qui s’apprend.
8. Lorsque j’écoute une personne, je dois tenir compte de mes limites.
Vrai. Il est important d’écouter et d’établir ses limites car sinon l’épuisement nous guette et nous ne sommes pas en total respect avec soi et avec l’autre. Le respect des autres commence par le respect de soi. Par exemple, si un ami vous téléphone parce qu’il a besoin d’être écouté et que vous avez un rendez-vous dans une demi-heure, vous devriez lui expliquer que vous disposez d’au plus 15 minutes pour l’écouter, au-delà de ce temps, vous ne l’écouterez pas véritablement puisque vous serez préoccupé par vos engagements.
9. Lorsque j’écoute une personne, il est éclairant, si elle me le demande, de lui dire comment j’ai solutionné une difficulté semblable.
Faux. Naturellement et de bonne foi nous sommes souvent portés à donner des conseils en pensant aider mais, ce qui est bon pour nous n’est pas nécessairement bon pour l’autre. Chaque personne a son propre potentiel et bien l’écouter peut l’aider à prendre conscience de ses capacités et à puiser dans son bagage d’expériences personnelles pour résoudre ses difficultés à sa manière.
10. Certaines personnes sont incapables de faire des choix dans leur vie; il est préférable de les conseiller avec discernement pour éviter qu’il ne s’enfonce davantage dans leurs problèmes.
Faux. Chaque individu possède son propre potentiel de développement. En respectant son rythme, en étant à l’écoute de ce qu’il vit, on peut l’encourager à développer son estime de soi et à explorer des moyens qui l’amèneront à faire de meilleurs choix
:: TÉMOIGNAGE : "NE RIEN FAIRE QU’ÉCOUTER" ::
"Toute l’année, été comme hiver, une fois par semaine, durant quatre heures, je ne fais rien. Je me contente d’écouter l’autre, cet appelant qui est au bout du fil. Il a rejoint le Centre Tel-Écoute/Tel-Aînés, à Montréal.
Pendant quelques minutes, je me rends disponible à la souffrance de chaque appelant, à sa colère, à sa tristesse, à sa détresse, à sa joie parfois et à tout sujet dont il souhaite m’entretenir. Moi, j’accepte d’être là, tout simplement, sans juger et sans conseiller. Je n’ai pas à prendre en charge ce qu’il vit, cela lui appartient. Je n’ai qu’à tendre l’oreille, « l’oreille du cœur » pourrait-on dire. Tout au plus, si cela peut l’aider, puis-je refléter ses sentiments et tenter une reformulation de ce qu’il me livre. Je demeure présent et je l’accompagne dans l’exploration de son vécu.
Cette approche est celle de l’écoute active. Elle n’est pas tellement naturelle en soi. Elle s’apprend. Elle se développe. Elle n’est jamais parfaite, mais elle libère l’appelant et l’écoutant.
Cette écoute active est absente de notre société moderne, trop occupés que nous sommes à produire, à remplir les minutes, les heures et les journées, trop préoccupés à vouloir nous faire entendre, avoir raison et toujours avoir le dernier mot. Surtout, hélas, il n’est pas question que nous perdions notre temps à ne rien faire d’autre qu’écouter."
:: L’IMPACT DE L’ÉCOUTE ACTIVE ::
De nombreuses études démontrent que les effets d’une écoute véritable ou d’un soutien affectif agissent comme des facteurs de protection sur notre santé physique et mentale.
• ils permettent d’amortir l’impact des événements douloureux de la vie
• ils permettent d’être soutenu face aux changements et aux difficultés
• ils procurent le sentiment d’être reconnu dans sa valeur humaine
• ils évitent de s’enfoncer dans un état dépressif susceptible d’engendrer des idéations suicidaires.
À l’opposé, l’absence de soutien est l’un des principaux facteurs associés à la détérioration de la santé mentale.
Les personnes isolées sont plus sujettes :
• au désespoir, voire même au suicide
• à voir s’accentuer des troubles de personnalité déjà présents
• à souffrir de symptômes psychotiques et somatiques
• généralement à être plus déprimées et plus dépressives.
:: DEVENIR BÉNÉVOLE ::
Les centres d’écoute téléphonique du Québec ont besoin de vous!!!
Si l’écoute vous intéresse, si vous êtes motivé et disponible, si vous désirez poser un geste de solidarité et faire don de votre temps, contactez le centre d’écoute de votre région. On vous y informera avec plaisir des exigences liées à ce type de bénévolat et des démarches à suivre pour devenir bénévole.